L’année de la Conférence Mondiale

— Tim Jackins et Diane Shisk

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D’après une présentation par Tim Jackins à l’atelier des personnes formatrices et dirigeantes du Sud des États-Unis, Atlanta, Géorgie (USA), Novembre 2013

Cette année est une année marquante dans notre cycle de quatre ans. Nous avons tenu l’ensemble des dix Conférences Préparatoires ainsi que la Conférence Mondiale. Ces conférences sont l’occasion pour moi de me rendre compte de qui nous sommes, tout autour du monde, et où nous en sommes.

Pour la première fois, nous avons un recensement (minimum) des membres actifs de la Co-écoute. Diane Shisk1 a demandé aux formateurs et formatrices dans les Secteurs2 organisés de nous dire combien il y avait d’apprenant-e-s dans leur classe de Secteur. Bien sûr, tout le monde n’a pas répondu, et en plus il ne s’agissait que des formateurs et formatrices des Secteurs organisés. (Environ un tiers des formateurs et formatrices sont en dehors des Secteurs organisés) Mais on a compté cinquante mille personnes dans ces classes ! Jamais nous n’avons eu suffisamment information nous permettant d’évaluer ce nombre.

Si cinquante mille personnes suivent des classes, ça veut dire que probablement cinq cent mille personnes ont suivi une classe et sont actuellement en circulation. Une chose intéressante à leur sujet est qu’elles sont presque toutes pleines de bonne volonté à votre égard, après vous avoir quittés, et qu’elles sont favorables à nos idées (Rires). Elles le sont vraiment. Elles pensent à vous avec affection. Elles n’ont aucun reproche à vous faire. Elles ne pouvaient simplement pas trouver le moyen pour que la Co-écoute fonctionne pour elles. Nos Communautés n’ont pas encore trouvé comment fournir les ressources exactement appropriées à chaque individu. Nous n’avons simplement pas autant de ressources.

Nous gagnons en expérience. Nous nous améliorons. Nous essayons constamment des choses nouvelles. Certaines d’entre elles ne fonctionnent pas, mais c’est normal ; ce n’est pas une erreur. Ça fait partie de la façon dont nous mesurons si nous allons suffisamment loin dans notre approche et si nous ne sommes pas trop timides.

Il existe plein de gens dans le monde qui sont pareils à vous. C’est ce que j’ai l’occasion de voir lors de ces conférences : un ensemble de gens qui comprennent cet outil et qui ont choisi de l’utiliser pour le reste de leur vie. Ils comprennent à quel point il change continuellement leur vie, et ils ne vont pas l’abandonner. Cet outil leur appartient. Ils ont ça en commun avec vous, et vous pouvez compter sur eux. Il y a des groupes de taille importante de gens comme ça dans plein d’endroits différents. Ils ne sont pas libérés de leur détresse — ils continuent à éprouver des difficultés, des découragements, et des sentiments de tristesse — mais ils ont l’esprit assez clair. Ils ont fait suffisamment de travail. Même si ils agissent parfois sous l’emprise de leur détresse les uns envers les autres, ils ne sont pas profondément troublés par elle. Ils ne peuvent simplement pas encore agir en dehors de la détresse. Vous savez comment c’est. (Rires)

EN BON ÉTAT

Les Communautés sont dans le meilleur état qu’il m’ait été donné de les voir. Il y a une compréhension claire et profonde de la Co-écoute, et nous continuons à éclaircir de plus en plus de choses. Nous poursuivons dans les voies que nous avons ouvertes, et elles deviennent de plus en plus larges et de plus

en plus inclusives. Nous parvenons à travailler sur nos détresses de façons que nous n’avions pas pu employer systématiquement avant.

Certaines personnes ont à gérer une question particulière quand elles ont pratiqué la Co-écoute pendant un certain temps. Les gens en dehors de la Co-écoute leur demandent : « Eh bien, quand est-ce que tu en auras fini ? » (Rires) « Quand est-ce que tu seras complètement guéri ? » Ma réponse est qu’à chaque fois que je fais une séance, ma vie s’améliore. Pourquoi est-ce que j’arrêterais ? Il peut y avoir un stade où nous ne sommes pas aussi désireux de faire des séances que nous avons pu l’être à certains moments, où nous pouvons nous en sortir sans que la restimulation nous prenne aussitôt à la gorge. Mais la Co- écoute reste un outil utile, et nous le comprenons de mieux en mieux.

Comme exemple récent de notre progression, il y a eu un atelier sur l’élimination du racisme que Barbara Love3 et moi-même avons dirigé il y a deux semaines à Washington, DC (USA). Il y avait là 240 Co- écoutant-e-s chevroné-e-s qui voulaient faire avancer leur travail sur le racisme. La Communauté de Co- écoute a accompli un énorme travail sur le racisme et a fait beaucoup de progrès. (Nous savons aussi que nous avons encore du travail, et nous recherchons toujours des manières de travailler ensemble plus efficacement.) Ce qui était intéressant à cet atelier, c’est ce qui ne s’est pas produit. Les gens n’ont pas ressenti de contrariétés ou de restimulations immédiates les uns envers les autres. Ils savaient qu’ils étaient des alliés, quelles que soient les détresses dont la société les avait chargés. Ils comprenaient ça. Ils pouvaient écouter des choses qu’ils n’avaient jamais pu écouter auparavant. Ils n’avaient pas à se réfugier aussitôt dans une séance. Ils pouvaient continuer à réfléchir à telle ou telle chose et ensuite, quand ils en avaient l’occasion, aller faire une séance dessus. Il est clair que nous acquérons une maîtrise dans des domaines où nous avons été jusqu’ici poursuivis par nos détresses. Cela se produit également dans d’autres domaines — par exemple, dans le travail des femmes et celui des hommes.

Vous êtes dans la Co-écoute au bon moment. Si vous avez démarré la Co-écoute assez récemment, alors vous en avez de la chance ! (rires) Demandez à quelqu’un de plus ancien comment c’était quand il ou elle a démarré la Co-écoute. (Rires) Il y avait davantage de confusion et de restimulation. C’était inéluctable, mais nous avons continué à avancer. Maintenant, le processus s’accélère. C’est une chose utile, puisque notre société semble être en train de s’effondrer de plus en plus vite.

Paru dans Present Time N°174 (Janvier 2014)

Traduit par Régis Courtin

 1 Diane Shisk est la Personne de Référence Internationale Suppléante.

2 Un Secteur est une Communauté Locale de Co-écoute.

3 Barbara Love est la Personne de Référence Internationale pour la Libération des Personnes d’origine africaine.


Last modified: 2017-06-19 16:03:59-07